Un m'aime monde
Dimanche 29 octobre
A présent, j’ai bel et bien atterri, repris le rythme du retour chez soi, une autre réalité, celle de la concrétisation, du travail, de la compréhension des acquis d’un an de voyage, d’une vision de la vie différente dans un environnement connu.
J’ai longtemps vécu avec la crainte de revenir chez moi et de retrouver par la même mes anciens schémas et conditionnements. A mon grand bonheur, il n’en est rien. Je ne suis pas un homme nouveau mais un être avec des nouvelles idées, habillé d’un regard neuf. Les découvertes du voyage, je peux aussi les utiliser ici. Je n’ai plus envie de dormir, j’avance dans l’éveil à moi et, par conséquent, aux autres je suppose.
Ne crois pas pour autant que je voie la vie en rose. Le bonheur et la joie de se connaître ou reconnaître ne s’opère pas toujours dans la facilité.
Puis il reste une zone douloureuse ou frustrante. Ce qui n’a pas évolué pendant cette année et que j’avais laissé en suspend dans un coin de la maison m’est revenu en pleine face. Je dois faire le constat qu’il n’est pas possible de grandir par rapport au couple sans couple. Seul le lien à l’autre favorise les peurs, les joies, les découvertes de soi dans ce que je suis de plus différent, le sexe opposé. La seule chose qui a évolué par rapport à ce sujet est la vitesse avec laquelle je prends conscience des mécanismes, peurs, mal-êtres qui vivent en moi au contact de l’autre. Je suis, en ce moment, proche de moi et ouvert à tout ce que je vis au contact de l’autre, sans tricher, du moins je crois.
Il se fait que l’histoire d’amour abandonnée avant le départ m’a laissé des peurs, des sentiments de rejet… puisque je n’ai pu confronté ces bizarreries intérieures, je n’ai pu traverser ces mal-êtres, des murs s’étaient dressés devant moi. Plus de dialogue, plus de construction. Le partage de toute son imperfection (dont le partage de la difficulté à partager, si tu me suis) est le ciment du couple et peut-être de toute relation vouée à perdurer dans le temps. Pour se savourer prince et princesse, j’accepte de connaître l’ogre, la sorcière et bien d’autres facettes encore. Si je ne respecte cette multiplicité, je ne peux rencontrer l’unité.
Que de beaux mots mais je n’en suis pas là, je m’en veux de ne pas avoir évolué et de ne pouvoir changer au présent faute de solitaire. Je suis souvent très impatient, distordu avec moi et l’autre quand cela se produit.
Alors toi belle, belle inconnue, ingénue qui est je ne sais qui, je ne sais où, danse, joue, bats-toi avec moi.
Heee, pas si vite, je ne suis pas adepte de la rencontre par machine interposée. Je préfère la coïncidence de deux coeurs qui se rencontrent, rougissent, se dénouent, osent battre à l’unisson, en cadence et décadence.
Puis, ces mots sont la réalité d’aujourd’hui.
Aux désaccords, incompréhensions, batailles qui ne sont des non-amours.